terrienne

Petit à petit, je prends conscience des schémas mentaux qui me confinent et si je suis toujours enfermée dans ces formes et ce visage que je scrute, je m'interroge. 
Grandir en tant que femme, c'est désormais s'approprier son regard. Depuis le premier numéro de SheGazes il y a 3 ans, le regard féminin est devenu une réalité. Iris Brey en a fait un livre et une marque de  prêt à porter espagnole vient même de lancer une collection de lingerie intitulée the female gaze, sa traduction anglaise. 
Le regard féminin n’est pas simplement le regard d’une femme sur le monde, il est une autre vision du monde, une réaction au regard masculin. 
Inventé ou décrypté par la géniale Laura Mulvey, dans son essai  « Visual Pleasure and narrative cinema », le male gaze est la vision patriarcale de nos sociétés. Une vision, menée à son paroxysme dans le cinéma classique et hollywoodien,  qui objectifie, morcelle et domine la femme en la transformant en objet de plaisir visuel pour le spectateur.
Le regard féminin lui est empathique, il prend la femme dans son ensemble et la grandit. Cette sororité ou adelphité du regard est une façon de filmer et de photographier les femmes sans en faire un objet, c’est un regard qui adopte le point de vue d’un personnage féminin pour épouser son expérience. En ce sens, un homme peut avoir un regard féminin et une femme un regard masculin, ce sont à près tout simplement des constructions sociales. 
Il y a dans cette ré-appropriation du regard des liens forts avec l’écoféminisme. Libérer les femmes et la nature du regard masculin qui les oppresse pour faire corps avec cette terre et retrouver l’art divin, permettre à l’Homme/Femme de s’insérer harmonieusement dans le cosmos. Se fondre dans la terre.

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